Une avancée méthodologique majeure pour révéler les pigments invisibles des biominéraux
Des chercheurs de l’Université Bourgogne Europe, en partenariat avec des équipes du CNRS, notamment au sein de l’Institut écologie et environnement, ont développé une méthode innovante permettant de mettre en évidence des pigments biologiques jusqu’ici indétectables dans les biominéraux.
Les biominéraux — tels que les coquilles, les coraux ou certains squelettes d’invertébrés — conservent des molécules organiques complexes dont l’identification demeure un défi analytique. La nouvelle approche repose sur la combinaison de l’électrophorèse et de l’imagerie spectrale de luminescence, offrant une sensibilité accrue sans recourir à des colorants ou à des traitements chimiques susceptibles d’altérer les échantillons. Cette stratégie permet d’observer directement, au sein des gels d’analyse, les signatures spectrales des biochromes et leurs interactions avec les matrices minérales.
Appliquée à des coquilles actuelles et fossiles datant de l’Éocène, la méthode a notamment permis de détecter des porphyrines à l’état de traces, démontrant ainsi son potentiel pour l’étude de matériaux anciens et la caractérisation fine des processus de fossilisation.
Ces travaux, publiés dans la revue Methods in Ecology and Evolution, ouvrent des perspectives significatives en paléontologie moléculaire, en biogéosciences et en chimie analytique. Ils illustrent l’engagement de l’Université Bourgogne Europe dans le développement d’approches interdisciplinaires de pointe, au service de la compréhension des archives biologiques et environnementales du passé.
Laboratoires CNRS impliqués
- Biogéosciences (BGS – CNRS / Université Bourgogne Europe)
- Centre de recherche en Paléontologie (CR2P – CNRS / MNHN / Sorbonne Université)
- Institut de Chimie Moléculaire de l’Université de Bourgogne (ICMUB – CNRS / Université Bourgogne Europe)
- Institut Photonique d’Analyse Non-destructive Européen des Matériaux Anciens (IPANEMA – CNRS / Ministère de la Culture / MNHN / Université Versailles Saint Quentin)
- Laboratoire de Chimie de la Matière Condensée de Paris (LCMCP – CNRS / Sorbonne Université)