Un projet FORTHEM pour améliorer le quotidien des étudiants transgenres et non binaires
Près de six étudiants transgenres et non binaires sur dix souffrent de problèmes de santé mentale. Face à ce constat, le Centre pour l’égalité des genres de l’Université d’Agder et l’Université Bourgogne Europe unissent leurs efforts pour mettre en place des actions visant à améliorer leur situation.
Par l’intermédiaire de l’alliance universitaire européenne FORTHEM, l’Université Bourgogne Europe et l’Université d’Agder ont engagé une collaboration autour d’un enjeu majeur : l’amélioration des conditions de vie et d’études des étudiants transgenres et non binaires.
Les deux établissements travaillent désormais conjointement à la création d’un livret de ressources consacré à la diversité des genres, destiné aussi bien aux étudiants qu’aux personnels universitaires.
« L’objectif est de fournir des connaissances simples et essentielles sur la diversité des genres, tout en mettant en lumière des mesures concrètes et de bons exemples. Ainsi, la brochure pourra être utilisée activement au quotidien et devenir un outil précieux » explique Thea Mujkic Litschi, conseillère au Centre pour le genre et l’égalité de l’Université d’Agder, où elle travaille sur les questions de genre et de diversité sexuelle. »
Le programme TAO au cœur de l’engagement de l’UBE
A l’UBE, Cinthya Ramos, psychologue clinicienne au Service de Santé Étudiante anime et coordonne le programme TAO, un dispositif d’accompagnement dédié aux étudiants transgenres et non binaires.
Ce programme propose des consultations individuelles, des temps d’échanges collectifs ainsi qu’un accompagnement global assuré par une équipe pluridisciplinaire composée de psychologues, de médecins et d’infirmiers. L’objectif : offrir un espace sécurisant, bienveillant et inclusif aux étudiants concernés.
Cinthya souligne que le risque élevé de pensées suicidaires dans ce groupe rend ce travail particulièrement important. « Pour nous, il est important de prendre cela au sérieux et de garantir une bonne offre de soins de santé également dans le secteur de l’éducation », souligne-t-elle.

SiA Health nous accueille et partage son expérience sur l’accompagnement des étudiants confrontés à des difficultés de santé mentale. Photo : Damares Stenbakk / UiA
Des résultats d’enquête préoccupants
Dans le cadre de cette coopération européenne, les deux universités ont mené une enquête conjointe auprès des étudiants. Les résultats mettent en lumière des difficultés particulièrement marquées chez les étudiants transgenres et non binaires.
Entre 57 % et 59 % des étudiants interrogés déclarent rencontrer des problèmes de santé mentale, contre 11 % à 18 % chez les autres étudiants L’automutilation et les pensées suicidaires sont beaucoup plus répandues, et nombreux sont ceux qui souffrent de solitude et d’exclusion sociale dans leur vie étudiante quotidienne.
« Les réactions ont malheureusement été conformes à nos attentes. Nous constatons une exclusion sociale, une utilisation incorrecte des noms et des pronoms, des systèmes administratifs complexes et des actes de transphobie. Ce sont des constats alarmants qui montrent qu’il est urgent d’agir », explique Thea Mujkic Litschi.
Les étudiants expriment clairement leurs besoins : une meilleure sensibilisation du personnel, la mise à disposition de toilettes et vestiaires non genrés, des procédures simplifiées pour le changement de nom et de genre dans les systèmes, ainsi qu’un environnement d’études où ils se sentent reconnus, valorisés et écoutés.
Personnes trans : Personnes qui ne s’identifient pas au genre qui leur a été assigné à la naissance. Par exemple : femme trans, homme trans, personne non binaire.
Non binaire : une personne qui ne s’identifie pas exclusivement comme homme ou femme. Les personnes non binaires peuvent se percevoir comme appartenant à l’entre-deux genres, aux deux genres, ou à aucun genre. Certaines personnes non binaires s’identifient comme transgenres.
Une coopération appelée à se poursuivre
Cette première collaboration marque le début d’un travail de fond entre les deux établissements européens. Le guide de ressources actuellement en préparation sera prochainement finalisé puis déployé au sein des deux universités.
À travers ce partenariat, l’Université Bourgogne Europe et l’Université d’Agder souhaitent contribuer à construire des environnements d’études plus inclusifs, plus respectueux et plus adaptés aux besoins de tous les étudiants.

Cinthya Ramos et Thea Mujkic Litschi pilotent le partenariat FORTHEM au sein de leur université. Leur objectif est clair : améliorer le quotidien d’un groupe d’étudiants vulnérables. Damares Stenbakk / UiA